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Les Automatistes 


Autour de Paul-Émile Borduas

    Né à Saint-Hilaire en 1905, Paul-Émile Borduas décroche son diplôme de l’École des Beaux-Arts de Montréal en 1927.  

    À partir de 1937, il devient professeur à l’École du Meuble où il enseigne à la fois la documentation, le dessin à vue et la décoration tout en se consacrant en parallèle à la peinture.  

    Il se fait le rassembleur de ces artistes innovateurs qui formeront les automatistes et dont la plupart signeront le Refus Global.  


Paul-Émile Borduas
(www.canadians.ca)

    

Suite à la publication de ce recueil, il sera congédié de l’École du Meuble, car les idées qu’il prône sont incompatibles avec le rôle qu’on attribue à un enseignant de cette époque.  

On l’oblige même à s’exiler, c’est pourquoi en 1953 il part pour New York, qu’il quitte deux ans plus tard pour Paris où il demeure jusqu’à sa mort en 1960. 


Paul-Émile Borduas, Fruits mécaniques, 1947

Les oeuvres de Borduas sont souvent caractérisées par des formes suspendues dans un espace vaste.



  Naissance du mouvement automatiste  

Comme la majorité des courants artistiques, l’automatisme naît en contestation contre un autre mouvement.  Installé au Québec depuis fort longtemps, l’art figuratif en général, mais tout particulièrement le figuratif religieux, est prôné par les autorités en place.  Désireux d'introduire la nouveauté, de jeunes artistes, menés par Borduas, décident de conduire une transformation culturelle afin de faire de la place à l’art moderne et à la liberté d’expression qu’elle entraîne. 

    D’inspiration surréaliste et associé à ce courant jusqu’en 1948, le mouvement marrie l’automatisme et le hasard des rencontres surréalistes avec la spontanéité et le non-figuratif de l’abstraction lyrique.  Par contre, il se différencie de l’art surréaliste en ce qu’il rejette fortement l’intention dans l’art. 

Comme Borduas le dit si bien, « la conséquence est plus importante que le but ».  Par conséquent, toutes contraintes, tous règlements préalables sont rejetés pour laisser au subconscient et à l’imagination toute la liberté dont ils ont besoin.



Pierre Gauvreau, La Fleur anthropophage, 1947


D’abord, en 1941, il y a une rencontre entre Paul-Émile Borduas et Pierre Gauvreau.  Alors que ce dernier expose ses œuvres au Gesù, Borduas s’intéresse à l’exposition et fait la connaissance de son auteur.  Ils restent en contact et Gauvreau lui présente ses amis Fernand Leduc, Françoise Sullivan et les sœurs Renaud. 

                                                                                                          
Ensuite, alors que Borduas enseigne à l’École du Meuble, il s’intéresse à ce que produisent ses élèves dont certains, comme Marcel Barbeau, Roger Fauteux, Jean-Paul Riopelle, Guy Viau deviendront membres du mouvement.  Au cours de l’année 1944, Borduas commence à improviser, chez lui, des soirées dans lesquelles amis et élèves partagent leurs idées sur des sujets d’actualité et d’art.

C’est pendant ces soirées que se forme et s’unit le groupe d’artistes qu’on appellera par la suite les automatistes.  Plusieurs d’entre eux, dont Riopelle et Leduc, se rendent à Paris et ramènent les concepts du mouvement surréaliste. Ensemble, ils préparent l’exposition qui se déroule en 1946 sur la rue Amherst à Montréal et qui sera considérée comme l’acte de naissance du mouvement.


Oeuvres automatistes


Paul-Émile Borduas, Les pylônes de la porte, 1949



Jean-Paul Mousseau, Sans titre, 1948 

Mousseau participe à de nombreuses expositions et se démarque par ses essais plastiques aventureux et son originalité dépourvue d’inhibitions. 


Marcelle Ferron, Retour d’Italie no 2, 1954

Marcelle Ferron, diplômée de l’École des Beaux-Arts de Québec, est l’une des sept femmes à signer le manifeste du Refus Global.  Elle participe à de nombreuses expositions, s’illustre en France, avant de revenir au Québec pour se concentrer sur des verrières, notamment celle de la station de métro Champ de Mars à Montréal.


Fernand Leduc, Trame écarlate, 1954


Jean-Paul Riopelle, Poussière de soleil, 1954

Depuis que la première peinture abstraite fut créée en 1910 par Kandinsky, il fallut attendre presque quarante ans avant que l’art abstrait gagne le Québec.  C’est justement par le biais de l’art automatiste que son entrée, dans les années 1950 -1960, est facilitée.  Riopelle, par son abstraction lyrique, est l’artiste québécois qui s’est le plus illustré internationalement et dont l’œuvre marque à jamais l’histoire de l’art moderne.



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